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il n’a jamais vraiment été nécessaire de mettre au point un système de prise
en charge des jeunes orphelins. En effet, dans notre culture, chaque famille
s’occupe de ses petits. Lorsqu’un enfant se retrouve sans parents, il y a
immédiatement, depuis toujours, un membre de sa famille proche ou lointaine
pour l’accueillir. C’est l’une des plus belles spécificités de notre culture
et nous en sommes fiers.
Mais le SIDA
commence à changer complètement cette donne ! Deux
raisons bien compréhensibles l’expliquent :
Premièrement, 8000 personnes meurent
chaque jour du SIDA en Afrique, des centaines de milliers d’autres sont
malades ou porteurs du VIH. Le calcul est simple, si plus de 200 000 enfants
se retrouvent chaque année sans père ou mère, sans les deux ou avec
l’un mort et l’autre malade, on ne peut pas espérer que leurs parentés
puissent tous les prendre en charge. Cela est d’autant plus vrai que
l’Afrique est aussi le continent le plus pauvre au monde et que la plus part
des foyers vivent largement sous le seuil de pauvreté.
Deuxièmement, le SIDA, malgré sa
présence incontestable dans l’environnement quotidien des
africains, continue à être très mal perçu et connu. On a peur du SIDA comme
on avait peur de la lèpre, de manière instinctive, sans une vrai réflexion à
son sujet. Ainsi, on hésite encore dans certaines régions à porter le
préservatif ou à faire attention à nettoyer des ustensiles de rites.
Mais on rejette les sidéens et leurs enfants malades ou non. Quiconque
a vécu avec un malade du Sida peut avoir « attraper ses microbes » et est
alors mal venu.
Ainsi, les orphelins du SIDA se
retrouvent livrés à eux-mêmes parce que leurs oncles et tantes ne peuvent ou
ne veulent plus les accueillir.
La première décision n’est presque
jamais aussi définitive mais lorsqu’un foyer accueille un enfant avec
réticence, ce dernier finit souvent par fuguer pour échapper à la
maltraitance verbale ou physique.
Les rues de Douala, Yaoundé, Bamako,
Dakar et autre leur offre alors une vie de malnutrition et de
délinquance.
Les gouvernements africains prennent
conscience du problème et des projets se mettent timidement en place pour
essayer de le résoudre. Mais dans des pays qui n'ont jamais eu à faire face
à ce genre de difficultés, les initiatives personnelles lorsqu'elles sont
suffisamment encouragées par l'État ont nettement plus de chance de succès.
ASEDOSCA est composé notamment de
quelques infirmières travaillant dans des dispensaires et des hôpitaux.
Elles rencontrent des malades du SIDA durant leur hospitalisation,
recueillent leur confidence et découvrent comment elles peuvent venir en
aide à leurs enfants. Cette aide pourra être des produits alimentaires et
des fournitures scolaires pour les plus jeunes dès que nous aurons mis en
place le programme nécessaire. Pour l'instant, l'aide est axée sur la
formation pour un métier artisanal des aînés de fratries dans des
ateliers
de couture, tissage et poterie.
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